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Une PME se protège d'abord avec cinq mesures de cybersécurité : l'authentification multifacteur (MFA) sur tous les comptes, un EDR sur les postes, des sauvegardes 3-2-1 testées, des correctifs appliqués sans retard et une sensibilisation trimestrielle au phishing. Viennent ensuite la segmentation du réseau, un gestionnaire de mots de passe, le chiffrement, un PRA testé et une assurance cyber.
Qu'est-ce que le risque cyber pour une PME ?
La cybersécurité d'une PME regroupe les mesures techniques et organisationnelles qui protègent son système d'information contre les cybermenaces. Le risque cyber désigne la probabilité qu'une attaque arrête votre activité ou expose vos données.
Les attaquants visent les entreprises les moins préparées. Cinq types d'attaques reviennent dans les PME :
- Rançongiciel (ransomware) : l'attaquant chiffre vos données et exige une rançon. Il entre souvent par une pièce jointe ou par un VPN non corrigé.
- Hameçonnage (phishing) et fraude au président : l'attaquant usurpe une identité pour obtenir un virement ou des identifiants.
- Vol de données : l'attaquant copie vos fichiers clients et vos données bancaires.
- Déni de service : l'attaquant sature vos serveurs pour vous extorquer de l'argent ou masquer une autre attaque.
- Compromission par un prestataire : l'attaquant entre par un fournisseur dont les accès ne sont pas restreints.
Les 10 mesures de cybersécurité PME, par priorité
Les cinq premières mesures se mettent en place dans les six premiers mois. Les cinq suivantes complètent le dispositif et réduisent les dégâts si une attaque réussit.
| Mesure | Ce qu'elle limite | Difficulté |
|---|---|---|
| 1. MFA sur tous les comptes | Connexion avec un mot de passe volé, prise de contrôle de la messagerie | Facile |
| 2. EDR sur postes et serveurs | Rançongiciel, attaque inconnue des antivirus | Moyenne |
| 3. Sauvegardes 3-2-1 testées | Perte de données après un rançongiciel ou une panne | Moyenne |
| 4. Correctifs automatisés | Exploitation de failles connues | Moyenne |
| 5. Sensibilisation au phishing | Clic sur un lien piégé, fraude au président | Facile |
| 6. Segmentation du réseau | Propagation d'un poste infecté au reste du réseau | Avancée |
| 7. Gestionnaire de mots de passe | Mot de passe volé réutilisé sur d'autres services | Facile |
| 8. Chiffrement des données | Lecture des données d'un portable volé | Moyenne |
| 9. PRA testé | Reprise improvisée après un sinistre | Avancée |
| 10. Assurance cyber | Coût de la gestion de crise et des pertes d'exploitation | Facile |
1. Activer le MFA sur tous les comptes
Selon Microsoft (2019), l'authentification multifacteur bloque plus de 99,9 % des attaques de compromission de comptes. Activez-la d'abord sur Microsoft 365, la messagerie, le VPN et les applications métier, avec Microsoft Authenticator ou une clé physique de type YubiKey. Pour le déploiement, suivez notre guide d'activation du MFA.
2. Déployer un EDR sur les postes et les serveurs
Un EDR (Endpoint Detection and Response) surveille en temps réel le comportement de chaque poste et de chaque serveur, et isole une machine compromise. Microsoft Defender for Endpoint ou SentinelOne en sont deux exemples. Prévoyez qui lit les alertes : votre équipe ou votre prestataire. Pour choisir une solution, lisez notre guide EDR pour PME.
3. Mettre en place des sauvegardes 3-2-1 testées
La règle 3-2-1 prévoit trois copies de vos données sur deux supports différents, dont une hors site (cloud ou site distant). Testez une restauration au moins une fois par trimestre : une sauvegarde jamais testée peut se révéler inutilisable le jour où vous en avez besoin. Notre article sur la règle 3-2-1 détaille sa mise en place.
4. Automatiser les correctifs
Les attaquants exploitent souvent des failles connues, pour lesquelles un correctif existe déjà. Un outil de gestion des correctifs comme Microsoft Intune installe les mises à jour du système et des logiciels sans attendre que chaque utilisateur s'en charge.
5. Former les équipes au phishing chaque trimestre
Organisez une campagne de phishing simulé chaque trimestre, complétée par des micro-formations de 5 minutes. Des plateformes comme KnowBe4 ou Mailinblack automatisent ces campagnes. Notre article sur le phishing en PME présente les protections techniques qui complètent la formation.
6. Segmenter le réseau
Séparez le réseau de la comptabilité de celui de la production, isolez les serveurs critiques, placez les visiteurs sur un Wi-Fi invité et limitez les flux entre ces zones. Un poste compromis ne donne alors plus accès à tout le système d'information. Un pare-feu de nouvelle génération (Fortinet ou Sophos) applique ces règles.
7. Imposer un gestionnaire de mots de passe
Fournissez un gestionnaire de mots de passe (Bitwarden ou 1Password) et interdisez la réutilisation d'un mot de passe entre services. Exigez au moins 12 caractères. L'ANSSI recommande de ne pas imposer par défaut d'expiration aux mots de passe des comptes utilisateurs quand la politique exige des mots de passe robustes. Elle conseille en revanche une expiration sur les comptes administrateurs. Changez un mot de passe dès que vous soupçonnez une fuite.
8. Chiffrer les données sensibles
Activez BitLocker sur les postes Windows et FileVault sur les Mac, deux outils intégrés au système. Chiffrez aussi les sauvegardes et les flux réseau (TLS). En cas de vol d'un portable, les données restent illisibles sans la clé.
9. Écrire et tester un plan de reprise d'activité
Listez vos applications critiques et fixez pour chacune un délai de reprise (RTO) et une perte de données acceptable (RPO). Documentez les procédures de restauration, puis testez-les en conditions réelles. Notre guide PRA et PCA décrit la méthode en 5 étapes.
10. Souscrire une assurance cyber
Une assurance cyber couvre les frais de gestion de crise, dont l'expertise forensique et la notification à la CNIL. Elle couvre aussi les pertes d'exploitation et la responsabilité civile. Les assureurs exigent en général un MFA actif avant de couvrir une entreprise.
Quelles obligations légales pour une PME ?
Le RGPD s'applique dès que vous traitez des données personnelles de clients ou de salariés. Son article 32 impose des mesures de sécurité adaptées au risque et cite le chiffrement parmi les exemples.
La directive européenne NIS2 étend les obligations de cybersécurité au-delà des grandes entreprises. Elle vise en règle générale les entreprises d'au moins 50 salariés, ou dont le chiffre d'affaires et le bilan dépassent chacun 10 millions d'euros, dans des secteurs critiques comme l'énergie, le transport, la santé, l'eau, le numérique ou l'agroalimentaire. Les entités concernées doivent mettre en place :
- une analyse de risques formalisée ;
- une gestion des incidents, avec une première notification à l'autorité compétente sous 24 heures ;
- un plan de continuité et de reprise d'activité (PCA et PRA) ;
- la sécurité de la chaîne d'approvisionnement, prestataires et fournisseurs compris ;
- la formation régulière des collaborateurs ;
- des tests de sécurité périodiques, comme les audits et les tests d'intrusion.
Les amendes peuvent atteindre 10 millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires mondial pour les entités essentielles (le montant le plus élevé est retenu), et 7 millions d'euros ou 1,4 % pour les entités importantes. En France, la transposition est en cours, et l'ANSSI invite les futures entités concernées à se préparer dès maintenant. Notre article sur NIS2 et les PME vous aide à vérifier si votre entreprise est concernée.
Quel budget prévoir pour sécuriser une PME ?
Le budget dépend du nombre d'utilisateurs et du niveau de protection visé. Chez Sicollab, la sécurité fait partie des plans d'infogérance, facturés par utilisateur et par mois, serveurs inclus.
| Plan | Prix HT | Contenu |
|---|---|---|
| Plan 1 Support | 50 € | Helpdesk aux heures ouvrées, résolution d'incidents, monitoring basique, assistance par téléphone et e-mail |
| Plan 2 Infogérance | 100 € | Plan 1, plus évolutions et corrections, mises à jour et correctifs, gestion de parc, sauvegardes quotidiennes, reporting mensuel |
| Plan 3 Full | 200 € | Plan 2, plus DSI ou RSSI dédié, cybersécurité avancée (EDR et MFA), roadmap SI et budget IT, amélioration continue, comité de pilotage trimestriel |
Côté sécurité, le Plan 2 couvre les sauvegardes quotidiennes et les correctifs. Le Plan 3 ajoute la cybersécurité avancée (EDR et MFA) et un DSI ou RSSI dédié. Pour une PME de 50 utilisateurs, comptez 5 000 € HT par mois en Plan 2 et 10 000 € HT par mois en Plan 3. Le Plan 3 exclut les licences et le matériel, ainsi que la régie. Le détail figure sur la page de notre offre de cybersécurité pour PME.
Par où commencer : audit et feuille de route
Si vous ne savez pas où en est votre sécurité, commencez par un audit. Il recense vos équipements et vos failles, puis livre un plan d'actions priorisé. Vous pouvez aussi faire un premier contrôle vous-même :
- Inventorier les postes, les serveurs, les services cloud et les logiciels SaaS.
- Vérifier le MFA sur les comptes administrateurs, la messagerie, le VPN et les applications métier.
- Restaurer une sauvegarde complète pour la tester.
- Scanner les vulnérabilités du réseau et des serveurs exposés.
- Mesurer la vigilance des équipes avec un phishing simulé.
- Désactiver les comptes encore actifs d'anciens salariés.
- Documenter le PRA, ou constater qu'il n'existe pas.
- Relire les clauses de sécurité et de réversibilité des contrats de vos prestataires.
Notre audit cybersécurité reprend ces contrôles, avec une profondeur qui dépend de la formule. Comptez 2 à 4 semaines entre la réunion de cadrage et la restitution. Vous recevez un rapport et un plan d'actions chiffré, présentés lors d'une restitution d'une heure.
| Formule | Prix HT | Durée et taille de PME |
|---|---|---|
| Diagnostic express | 1 500 € | 1 à 2 jours, 5 à 15 postes |
| Audit standard | 2 500 € | 3 à 5 jours, 15 à 50 postes |
| Audit avancé | 4 500 € | Jusqu'à 10 jours, 50 à 200 postes |
Feuille de route sur 12 mois
- Mois 1 et 2 : activer le MFA sur les comptes critiques, imposer un gestionnaire de mots de passe, vérifier les sauvegardes existantes et tester une restauration.
- Mois 3 et 4 : installer l'EDR sur les postes et les serveurs, puis automatiser les correctifs.
- Mois 5 et 6 : lancer la première campagne de phishing simulé et rédiger la politique de sécurité du système d'information (PSSI) selon les recommandations de l'ANSSI.
- Mois 7 à 12 : test d'intrusion, rédaction et test du PRA, segmentation du réseau, revue trimestrielle des indicateurs de sécurité.
Sources
- Microsoft Security Blog, « One simple action you can take to prevent 99.9 percent of attacks on your accounts » (20 août 2019)
- ANSSI, Recommandations relatives à l'authentification multifacteur et aux mots de passe, version 2.0 (8 octobre 2021)
- ANSSI, La directive NIS 2
- Directive (UE) 2022/2555 dite NIS 2, texte officiel sur EUR-Lex
- Recommandation 2003/361/CE de la Commission du 6 mai 2003 concernant la définition des micro, petites et moyennes entreprises
- CNIL, RGPD chapitre IV, article 32 (sécurité du traitement)
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Rançongiciel ou ransomware : que faire si votre organisation est victime d'une attaque ? »
Article rédigé par Quentin Beauger, fondateur de Sicollab et DSI pour PME en Auvergne.